Citation du jour :
Sachons bien que ce n’est pas l’abondance des paroles, mais la pureté du cœur et les... [+]
(Règle de Saint Benoît 20,3)

Lettre de la Prieure

 

Christ est ressuscité !    Alleluia

 

Rixensart, ce 11 avril 2020

 

      En cette veille de Pâques, l’ambiance est lourde... Hier Jésus de Nazareth est mort crucifié.  Pourtant, le dimanche d’avant, le peuple de Jérusalem l’avait acclamé comme le roi qui rendrait à la Ville son autonomie, sa splendeur, sa suprématie sur toute autre, elle, la Ville de Dieu. Et puis, Jésus n’a pas saisi sa chance sur le moment, et il a suffi de quelques jours pour que le vent tourne complètement, que ses ennemis reprennent la main, que la foule influençable passe de l’enthousiasme à la haine. Et aussitôt Jésus mort, les gens se rendent compte que quelque chose ne va pas, que cette mort est une tragédie… Mais il est trop tard. Il est mort et enseveli. Ce ne sont même pas ses disciples proches qui s’en sont préoccupé : Jésus mort, ceux-ci se sont barricadés dans une pièce afin qu’il ne leur arrive pas le même sort. Deux disciples plus cachés, qui ne s’étaient pas ouvertement déclarés pour lui pendant sa vie, l’ont mis dans un tombeau dont ils ont roulé la pierre, et ils sont partis. Des femmes, qui voudraient lui rendre les devoirs funéraires que la loi stricte du sabbat a empêchés, rôdent autour du tombeau…Tout cela est très triste.
 
        Et, de bien des manières, nous pouvons y voir la situation actuelle de notre monde, paralysé, confiné par le Covid-19. Nous ne sommes plus à Jérusalem, mais sur notre « planète terre ». Les populations sont ahuries par le désastre qui s’abat : des morts par milliers, de très nombreuses personnes touchées, des parents et des enfants qui pleurent des êtres chers.

         Et pourtant nous fêtons Pâques !

        Une rumeur commence à courir. Le tombeau a été ouvert on ne sait comment et on n’y a pas trouvé le corps de Jésus. Deux disciples sont allés vérifier. Et puis, Jésus serait apparu vivant à des femmes, à des disciples, à Pierre, aux apôtres enfermés. C’est bien lui : il le dit et le répète, il se laisse toucher, il fait reconnaître ses plaies, s’il le faut, il mange avec eux pour prouver son identité. Il est tout à fait le même et il est tout à fait autre. Allez comprendre !

       Entre Dieu et l’homme, c’est une histoire d’amour. Il faut un long apprentissage, pas mal d’erreurs, et d’échecs, mais l’amour est le plus fort. C’est l’histoire d’Israël, c’est la nôtre. La vie, l’enseignement, la mort de Jésus sont la manifestation parfaite de l’amour, - et les disciples d’Emmaüs, quand ils l’entendent, en ont le cœur tout brûlant, la brûlure de la vérité sur l’amour.

       Devant la pierre enlevée, les femmes restent abasourdies; en voyant les anges, elles sont «saisies de crainte », « le visage incliné vers le sol » (Lc 24, 5). Elles n’ont pas le courage de lever le regard. Combien de fois cela nous arrive-t-il, à nous aussi, de rester prostrées dans nos limites ?

       Nous découvrons aujourd’hui que notre chemin n’est pas vain, qu’il ne se cogne pas contre une pierre tombale. Une phrase ébranle les femmes et change l’histoire : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? » Pourquoi penser que personne ne puisse enlever nos pierres ? Pourquoi cédons-nous à la résignation et à l’échec ? Pâques est la fête de « l’enlèvement des pierres ». Dieu enlève les pierres les plus dures contre lesquelles viennent s’écraser les espérances et les attentes : la mort, le péché, la peur, la mondanité. L’histoire humaine ne finit pas devant une pierre tombale : les femmes découvrent aujourd’hui la « Pierre vivante », Jésus ressuscité (cf. 1P 2, 4). Nous, comme Église, nous sommes fondées sur lui et, même lorsque nous perdons courage, lorsque nous sommes tentées de tout juger sur la base de nos échecs, il vient faire toutes choses nouvelles, renverser nos déceptions. Le Seigneur n’habite pas dans la résignation. Chacune est appelée à retrouver en elle celui qui enlève du cœur les pierres les plus lourdes. Alors demandons-nous : quelle est ma pierre à   retirer, comment se nomme-t-elle ?

        Cette mondialisation de la pandémie nous prend de court et nous interpelle. Il est ressuscité, ne le cherche pas où tu ne le trouveras jamais : il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants (cf. Mt 22, 32).  

        N’enterrons pas l’espérance, nous dit le Pape François ! En cette période difficile pour tous nos frères et sœurs, que le Christ ressuscité ranime notre foi et notre espérance. 

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Quelques nouvelles de notre Congrégation de la Reine des Apôtres…

M. M. Jeanne et Sr Pascaline, Sr M. Brigitte et Sr  Emérence (Monastère de St Sauveur et de l'Arbre de Vie en RDC partagent le « confinement » de nos soeurs de Roriz (Portugal) !

- Sr Denise (Monastère au Tchad), toujours bloquée à Addis-Abeba, va aller chez Sr Hareg, éthiopienne, venue à Paris  pour des études et qui commence la vie bénédictine dans son pays, avec l’aide des soeurs de Vanves et de Martigné-Briand. Dans leur rite, la Semaine Sainte commence ce dimanche. Sr Denise pourra la vivre en son intégralité !

Entretemps depuis le 23 avril, Sr Denise est arrivée à N'Djamena au Tchad, mais est "confinée" encore jusqu'au jeudi 7 mai avant de pouvoir regagner son monastère dans le sud du pays. Le 7 mai au soir, Soeur Denise est en route vers Moundu... et finalement est bien arrivée à Lolo dans sa communauté.

- Sr M. Joelma (Agua Viva - Brésil) est confinée à l’Encontro (Brésil),

- M. Marthe, Sr Bénédicte, Sr Ana Maria (Bethléem) dans leur famille, en France ou en Roumanie.

Prions les unes pour les autres et spécialement pour les communautés ainsi réduites en très petit nombre !

- A Rixensart, Sr Pascale fera  profession solennelle le 29 août. Réjouissez-vous avec nous !

         En communion dans la prière en cette situation actuelle si particulière qui nous rend plus solidaires de tous nos frères et sœurs en humanité. Belle fête de Pâques !
 
                                                                                 Sr Françoise Noël


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